Le FN fait la police du mix à Beaucaire (Gard)


Le Canard Enchaîné de la semaine dernière nous en sort une belle ! La mairie FN de Beaucaire (Gard) interdit la musique orientale aux cérémonies de mariage. Enrico Macias, y’a droit ?

Je propose donc mes services à tous les futurs mariés de cette riante bourgade, juste pour le plaisir, le champ’ et l’essence. Je jouerai de la musique orientale, de la musique française et plein d’autres choses, comme à cet incroyable mariage franco-afghan du mois dernier en Vendée.

Réservations : borisviande/@/vladproductions.fr
Traînez pas, le planning se tasse ! Taïaut !

Canal+, Converse et Nike recouvrent les affiches des soirées et festivals : est-ce légal ?

C’est mal de balancer mais de toute façon j’aime pas leurs chaussures et Yann Barthès me fait plus rigoler. Après quelques timides recherches sur le net, car on n’a pas le temps, on n’a trouvé aucune info. Quelqu’un sait-il au nom de quoi Canal+, Converse ou Nike ont obtenu le droit de coller des affiches dans les rues ? Phénomène récent observé à Nantes et Paris.

Notez que nos nouveaux rivaux (oui, ça nous arrive aussi de coller des affiches pour des soirées ou festivals, mais nous on a des mentions légales sur nos supports et une licence d’entrepreneur de spectacle de catégorie 3) collent aussi sur des emplacements qui ne sont pas des « spots notoires ». Je mets des guillemets car cette expression n’a aucune réalité juridique, simplement il y a des emplacements qui sont tolérés, ou apparemment tolérables (par exemple, ceux où on peut trouver depuis toujours des affiches pour des théâtres parisiens, des SMAC ou des salles comme le Zénith), et d’autres où ça devient n’importe quoi. Et surtout, c’est moche ! même un colleur d’affiche vous le dira.

Nike fait dans le subtil avec cette affiche « Last Game » qui peut passer de loin pour une soirée jesaismêmepastropquoi. Il s’agit en fait tout simplement d’une pub pour des chaussures dans le cadre de la Coupe du Monde. Malins les mecs !
Bref, sujet pourri car si on proteste les 2 scénarios possibles sont les suivants :
1- il s’avère que Nike a trouvé un moyen légal et on est bons pour se faire recouvrir nos HLM par Apple et Darty dans la minute ;
2- ou bien c’est le scandale, pluie de PV, orgie de CRS et on se retrouve sans rien, tout juste bons à flyer à Châtelet ou Commerce en sifflotant quand tu passes pas loin « sshhh shh tu cherches des mp3 ? ».
Déjà que YouTube va retirer nos vidéos, et là pour la peine je vous mets un lien du Figaro, on n’est plus à un paradoxe près.
Promis d’ici peu je trouverai des raisons de se réjouir ! déjà, il fait beau.

[Revue de presse] Musique et raisin

On continue nos discussions sur la musique, oui, la musique avec cet article qui buzze un peu sur ma TL :

http://www.nytimes.com/2014/06/09/business/media/free-music-at-least-while-it-lasts.html

Article un peu fourre-tout (normal, vu la source) mais qui a le mérite de pointer 2-3 phénomènes intéressants en peu de temps, façon quidam qui survole le truc. Pause café, arrêtez d’envoyer des invites facebook à tout va, projetez-vous vers l’infini et au-delà.

1. Volontairement ou non, l’auteur confond gratuit et libre (« free » en anglais).

Utiliser Facebook ou Spotify ne coûte peut-être pas (toujours) de l’argent, mais cela coûte du temps de cerveau humain disponible. Par exemple vous vous baladez sur les pages Facebook d’artistes que vous aimez (quelle idée, déjà) et mine de rien, vous êtes interrompu dans votre lecture par des posts sponsorisés pour d’autres artistes, des soirées, des marques de casque audio. Vous n’avez rien payé mais on vous a volé 3 secondes d’attention.

Si vous n’avez pas AdBlock, après une heure de surf, vous avez ingurgité un nombre de messages publicitaires assez effrayant. Ensuite vous achèterez un casque plutôt qu’un autre parce que vous l’avez vu partout sur le net, donc tout le monde doit l’acheter, donc ça doit être un casque plein de basses. Cool !

2. Volontairement ou non, l’auteur confond composition et enregistrement (« song » en anglais).

Comme il l’explique d’ailleurs très bien, il est fort probable que les gens nés après 2000 n’envisagent jamais une chanson comme quelque chose de bloqué sur un support physique, qu’il soit vinyle, cassette, CD ou même fichier mp3. Ceci dit, même les vieux ringards comme nous conçoivent que la musique est un bien immatériel, hein. Il faut juste distinguer la composition (oeuvre de l’esprit) et l’enregistrement (produit résultant d’un processus, artisanal ou industriel, de fixation sur un support).

Ainsi, l’auteur-compositeur se rémunère via des droits d’auteur en mettant son travail à disposition d’un label qui va vendre des disques ou d’un éditeur qui va placer la musique sur un film, par exemple. L’interprète se rémunère via ses concerts, s’il en donne, ou via ses prestations studio et ses droits d’interprète. Le producteur de l’enregistrement, lui, se rémunère en vendant le support – que ce support soit du plastique ou bien une suite de 0 et de 1.

3. L’auteur souligne que les gens dépensent toujours plus pour des casques ou des places de festivals et ne paient plus pour la musique.

En fait, des casques audio ou des places de festival, c’est de la musique. C’est même plutôt de l’expérience musicale, de la musique vécue, donc de la musique dé-support-isée. Ce que les gens ne veulent plus payer c’est le principe d’un forfait fixe d’accès à cette expérience. (Notez d’ailleurs que quand vous achetez un MP3 sur iThunes, vous n’achetez pas le fichier mais le droit d’accès à ce fichier – voir ici.)

Les nouveaux consommateurs de musique sont donc toujours prêts à dépenser pour accéder aux compositions de leurs artistes favoris, simplement, la dématérialisation du support a rendu caduque le principe d’un péage pour accéder au signal électrique (généralement, une suite de 0 et de 1) véhiculant cette composition jusqu’à leurs oreilles.

4. La belle métaphore finale sur le raisin : bien matériel contre bien immatériel.

L’auteur met en évidence l’immatérialité du bien « musique » en le comparant à du raisin – il va même plus loin en expliquant qu’il le savoure d’autant plus le raisin qu’il sait qu’il a dû payer pour l’avoir. On est prêt à payer pour des tulipes ou un diamant parce que c’est plus rare que les mauvaises herbes ou le granit, du coup on trouve ça plus beau. C’est super rare donc réservé aux meilleurs, et si on y accède c’est qu’on est des chefs de meute, ouais !

Aujourd’hui, plus besoin d’argent pour accéder à de la musique en abondance. Je vais chez Super U, je fais semblant de tourner un peu en rond rayon picole et je peux écouter gratos le dernier singueule de Stromae. La seule question est : suis-je un fan de Stromae ou juste un gars qui vient chercher sa bouteille de Gros Plant ?

Allez, on vous livre en exclusivité le scoop : la dématérialisation du support ne fait et ne fera que (re-)mettre en évidence la différence entre la musique abondante et la musique qu’on aime – j’oserais dire, entre musique subie et musique choisie, pour paraphraser un ancien ministre de l’Intérieur. Spotify, c’est du Roundup pour tes oreilles.

Il fait beau, le moral est bon.

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[Evénement] Siren Festival #2 w/ UPROOT ANDY (USA) & BBRAVE (Ghana)


Samedi 7 juin à la Java (Paris / Belleville), nous récidivons ! Après la première édition d’octobre dernier qui affichait complet avec Schalchthofbronx, nous accueillerons Uproot Andy (NYC/USA) et Bbrave (Accra/Ghana).
Téléchargez ici la mixtape officielle made in Sauvage FM :

FACEBOOK EVENT: https://www.facebook.com/events/606820309414252/
LINK @ LA JAVA : http://www.la-java.fr/evenement.php?i=773
GAGNEZ DES PLACES AVEC TRAX MAGAZINE : http://www.traxmag.fr/events/paris-siren-festival-2-java-5×2/
SIREN FESTIVAL SUR FACEBOOK : https://www.facebook.com/sirenfestivalparis

Line-up

* UPROOT ANDY (Que Bajo | Worldwide Ting / NYC, USA)
* World, Tropical, Cumbia +More!
http://soundcloud.com/uprootandy – http://www.facebook.com/uprootandy

* BBRAVE (Akwaaba Music / Accra / Ghana)
* Afro-house, Kuduro, Azonto, Soukous + More!

https://soundcloud.com/akwaabamusic/sets/bbrave-mixes

* SAUVAGE FM (Vlad – Rennes, BZH)
* Moombahton, Kuduro, Cumbia, Soca, Zouk Bass
http://soundcloud.com/sauvagefm – http://www.facebook.com/sauvagefmsound

* BORIS VIANDE (Siren | Vlad | Balkan Boombastic – Paris, BZH)
* Balkan, Nu-Manele, Nu-Raï, Live&Love
http://soundcloud.com/boris-viande – http://www.facebook.com/borisviande

* RAFAEL ARAGON (Siren | Caballito | Tropikal Masala – Paris Suburbs / Latinarabia, FR)
* Tropical, Cumbia, Moombahton, Tribal

http://soundcloud.com/rafiralfiro

Samedi 7 Juin – 0-6h – 5€ avant 1h / 10€ ensuite
La Java – 105, Rue du Faubourg du Temple – 75010 Paris – Metro Goncourt ou Belleville

Labels indépendants et plateformes de streaming : qui a besoin de qui ?

Lorenzo And The Lamas - Fiche technique

Dans la série « revue de presse du web » commentée, un article tout frais : Les indépendants exclus de la future offre de streaming audio de YouTube ? à consulter sur l’excellent NextInpact.com. Cette fois c’est en français donc pas d’excuse, lisez-le.

La question soulevée en conclusion est la suivante : qui a besoin de qui ? Les catalogues indépendants agrégés regroupent jusque 30% du catalogue mondial, et c’est quand même beaucoup. On aurait aimé savoir s’il s’agit de 30% du nombre de titres, du chiffre d’affaires (assez peu pertinent comme donnée en ces temps de crise du disque et en termes de défense de la diversité) ou bien encore 30% du nombre d’écoutes uniques. En tout cas, il y a fort à parier que les acteurs du streaming ont davantage besoin d’un modèle économique rentable et efficace que d’un modèle « éthique » prenant en compte les intérêts des indépendants.

Inversement, et pour paraphraser Talitres, ces plateformes ne sont guère plus qu’un outil promotionnel pour les indépendants, et il est toujours rageant d’entendre quelqu’un dire qu’il n’écoute de musique que sur Grooveshark (plate-forme moisie s’il en est) alors que notre propre catalogue n’y est pas. On a tous envie d’être sur iTunes comme les vraies stars, même si on n’y génère que quelques roubles chaque mois, ne serait-ce que pour avoir un peu de visibilité. Enfin, en admettant que le fait d’avoir un jpeg qui gigote à côté de celui d’une pute ou d’un musclor à dollar constitue une visibilité digne d’intérêt.

N’oublions pas qu’à chaque nouveau morceau que nous uploadons sur ces plateformes, nous leur donnons pour environ 0$ de la crédibilité « oui nous avons aussi plein de trucs underground au catalogue et pas que de la soupe FM » et du trafic, qui est assez rapidement redirigé vers les productions des majors (il suffit de voir un peu les recommandations et les home).

Saluons donc l’initiative des 200 labels britanniques, saluons 1D-Touch en France qui propose un streaming équitable, et restons critiques à l’égard des tuyaux dans lesquels nous faisons circuler notre travail. N’oublions pas le temps incroyable que cela nous prend d’alimenter ces trucs et les effets que leurs ergonomies ont sur notre façon de composer et de produire. Et oublions les effets de buzz propres aux âges d’or de MySpace ou Facebook : aujourd’hui, il n’y a plus de réseau qui fasse l’unanimité. C’était cool d’essayer le hold-up quand il était encore possible, et on en connaît tous qui en ont profité – maintenant, retour au seul triptyque qui ait jamais payé :

EQ – REVERB – COMP